INTERNATIONAL HARVESTER Cie.

Importé par R. Wallut et Cie, 170 boulevard de la Villette, Paris (19e) dès la fin du XIXe siècle, puis en 1905 CIMA, 253 rue du Faubourg Saint-Martin, Paris (10e), puis 170, boulevard de la Villette, Paris (19e), enfin début 1985, Case-IH, avenue Georges-Bataille, 60671 Le Plessis-Belleville, et pour finir en juin 1995, Case France, 18, place des Nymphéas, ZI Paris-Nord 2, Roissy (Val-d'Oise). Usines à Croix-Wasquehal (Nord) en 1905, à Montataire (Oise) construite par Wallut & Cie en 1906, et à Saint-Dizier (Haute-Marne) en 1950.

        Le nom de la société International Harvester Compagny, née en 1902, est bien moins connu que celui des deux marques dont elle est isssue, McCormick et Deering. Ces deux noms coexistèrent jusqu'en 1948, continuant même à disposer, pendant un certain temps, de réseaux de distribution séparés, malgré une raison sociale commune. Le nom d'International Harvester est également moins connu que celui de certains de ses modèles-phares, les Titan et Mogul dans les années dix, et, surtout les Farmall, produits sous diverses formes, de 1924 jusqu'aux années soixante-dix. Farmall n'est en effet pas une marque, mais un modèle, l'un des plus fabriqués au monde. Haut sur pattes avec ses roues jumelées à l'avant - il ne fut pas le premier à en faire usage-, ce tracteur à tout faire, comme son nom l'indique en anglais, fut mis au point par les ingénieurs Edward Johnston et Bert Benjimin, au début des années vingt, et commercialisé dès 1924. Son succès commença en 1926 avec 20 000 exemplaires vendus. Baptisé Regular à ses débuts, il sera ensuite décliné en F-30 (1931), F-12 (1933), F-20 (1934), F-14 (1938). En 1939, apparaît le plus fameux de tous les Farmall, le , secondé par le plus puissant M, dont les lignes sont dues au célèbre designer franco-américain Raymond Loewy, inventeur de la bouteille de Coca-Cola. Cette nouvelle gamme de Farmall au style moderne est décliné dans des versions plus petites A et B, puis, plus tard, C et plus petit de tous, le Cub, qui n'apparaît qu'en 1947. Les Farmall furent importés en France, tant avant, qu'après la seconde guerre, mais ce sont le C et le Cub, plus adaptés à la taille des exploitations françaises, qui seront les plus répandus chez nous et qui seront construits sur le territoire français, à partir de 1950, dans l'usine de Saint-Dizier, dans la Haute-Marne.

       International Harvester et ses deux marques génétrices, McCormick et Deering, furent représentées en France pratiquement dès leur origine. La société Wallut & Cie fut en effet fondée dans les années 1890 par R. Wallut, Lacroix et Georges Hofmann pour importer le matériel agricole américain Deering. Ce sont d'abord des outils, charrues, faucheuses, semoirs, puis les fameux Titan d'International Harvester Compagny, distribués sous la marque Deering, qui connaîtront un certain succès en France dans les grandes plaines agricoles de Beauce et de Brie. Wallut & Cie construit une usine à Montataire (Oise) en 1906, mais, entre temps, la CIMA (Compagnie Internationale de Machines Agricoles), une filiale d'International Harvester, a été constituée en 1905, avec un capital de 500 000 francs-or pour la construction en France des machines agricoles Deering. Une usinea également été construite, près de Lille, à Croix-Wasquehal (Nord) où l'on fabrique les faucheuses McCormick-Deering. En 1912, une ficellerie est adjointe à l'usine de Croix qui suffit, non seulement, à couvrir les besoins nationaux, mais exporte une partie de sa production dans les reste de l'Europe. En 1934, Wallut & Cie fusionne avec CIMA - elles distribuaient en principes toutes deux leurs propres productions mais également les produits siglés McCormick et Deering made in USA - pour former la nouvelle société CIMA-Wallut. La CIMA récupère ainsi l'usine de Montataire, alors que 40 000 tonnes de produits manufacturés - faucheuses, lieuses, râteaux, semoirs, ficelles et autres accessoires - sortent déjà de Croix-Wasquehal qui emploie à l'époque plus de 5 000 personnes.

       En 1948, après la fusion de McCormick et Deering en une seule marque, IH, et leur disparition, CIMA-Wallut devient CIMA tout court, avec un capital de 1 128 800 F qui sera porté à 7 721 000 F en 1955. En 1950, la CIMA reprend et agrandit l'usine de la société Champenois, un spécialiste du matériel agricole hippomobile, à Saint-Dizier, pour la fabrication de moteurs et de tracteurs. Au début, ce sont des adaptations de tracteurs américains qui y seront fabriqués, le Farmall Cub et le Farmall FC - équivalent du Farmall C américain, surnommé l'araignée - puis, peu à peu, viendront des évolutions plus spécifiques. La CIMA produira ainsi 16 892 tracteurs en 1956, 15 628 en 1957 - le 50 000 tracteur sort de la chaîne en 1957 - 17 236 en 1958 et 15 536 en 1959. Avec plus de 17% de la production française de l'époque, McCormick est le deuxième constructeur national, derrière Massey-Ferguson, près de 30 %, et devant Renault, un peu plus de 10%. L'usine de Saint-Dizier, qui dispose d'une fonderir, fabrique des transmissions, reçoit aussi des moteurs fabriqués en Allemagne et procède à l'assemblage. En 1960, le F-265 est produit à 50 unités/ jour et la production totale de Saint-Dizier atteint les 20 000 unités par an.

    Mais la CIMA ne se contente pas de construire pour les besoins de la France, elle exporte ses produits vers les autres pays européens. De plus, elle importe les prosuits International Harvester fabriqués aux Etats-Unis et d'autres pays, qu'elle distribue à côté de ses propres productions. Elle a créé pour ce faire, de nombreuses succursales en France, Amiens, Bordeaux, Bourges, Lyon, Nancy, Nantes, Paris, Toulouse, Tours et en Afrique du nord et ce, dès les années vingt, notamment à Alger, Casablanca et Tunis. Toutes ces succursales sont dotées de services après-vente et de stocks de pièces détachées. Il faut ajouter à cela un réseau de plus de 40 concessionaires. En 1967, les sites de production d'International Harvester passent sous contrôle du groupe américain Tenneco, notamment propriétaire de J.I. Case Compagny, constructeur des fameaux tracteurs Case. International Harvester deviendra par la suite Case-IH, au début de l'année 1985, après la fusion de Case et d'International Harvester. La filiale française sera à nouveau restructurée, en juin 1995, et deviendra Case France.

    IH fabriqua donc des modèles spécifiquement français à partir de 1955. Le Farmall Cub -cub désigne un jeune animal non sevré en américain, généralement un veau ou un poulain - fut importé en France à près de 4 500 unités de 1949 à 1955. En 1951, à 402 000 F, le Cub est le tracteur le moins cher du marché français. A partir du printemps 1955, une version française du Cub sera fabriquée à Saint-Dizier. Il arbore une calandre à barres horizontales à la place du simple grillage des premières séries de la version américaine importée. On le distingue aussi par ses accessoires de fabrication française, batterie, carburateurs, démarreur, distributeur, dynamo et phares. Il est équipé d'un 4 cylindres à essence de 476 cm3 développant 10,5 ch. En 1958, apparaît le Super Cub, un peu plus puissant avec 14 ch. Après les Farmall Cub, viendront les Farmall FC, SFC-C et D et Super FCC puis, les séries en 5, F-135-D, F-235, F-265, et leur version Utility, les FU-135, 235, 265, et, enfin, leurs évolutions, les séries en 7,F et Fu-137, 237, 267.

    A partir de 1964, c'est la nouvelle gamme européenne qui prend la relève. Lasynergie du groupe se met en place sur le vieux continent où chaque pays abandonne ses productions nationales pour participer à la construction collective des nouveaux modèles. Les tracteurs ne portent plus les identifications nationales, F pour la France, B pour la Grande-Bretagne et D pour l'Allemagne, ils reçoivent sout simplement le signe IH suivi du code chiffré du modèle. Premiers européens, les IH 323, 423 et 523 sont ainsi assemblés en Allemagne, à Neuss, avec des moteurs allemands et une transmission française, fabriquée à Saint-Dizier. D'autres modèles sont constitués d'éléments provenant de Doncaster en Angleterre qui assemble également certains modèles. En fait, à partir de cette date, les usines françaises ne fabriqueront plus de tracteurs complets, mais des boîtes de vitesses, à Saint-Dizier, et des cabines, à Croix-en-Ternois, qui seront ensuite envoyées en Allemagne pour assemblage final. Ce système est encore valable en juillet 1997 pour les Case Maxxum qui sortent de l'usine de Neuss.

           
                  Un McCormick de la série F                                                                      et un F-235-D

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FORD

(Société Anonyme Française) 140, Champs-Elysées, Paris (8e), en 1948, puis 35, rue Bassano, Paris (8e), en 1959, 95, avenue du Pont-d'Epinay, Gennevilliers (Seine) en 1963, enfin 344, avenue Napoléon-Bonaparte, 92504 Rueil-Malmaison, en 1973. Usine à Poissy (Seine-et-Oise), en 1946.

       Cette société, filiale française du géant américain de l'automobile, importe en France les premières Ford T avant d'en assurer l'assemblage à Bordeaux, à partir de 1913. Dès les années vingt, elle importera les tracteurs Fordson fabriqués à Cork, en Irlande, de 1919 à 1923 et de 1929 à 1932,  puis à Dagendham, en Angleterre, de 1932 à 1945, puis, dès la fin des hostilités, les tracteurs Ford système Ferguson construits en Amérique par le biais de son réseau de concessionnaires. En effet, jusqu'à la création d'un réseau Ford-France tracteurs au début des années 1960, avec du personnel des sociétés Huard et Vierzon, ce sont les concessionnaires qui se chargent eux-mêmes de l'importation.
L'assemblage des tracteurs importés en pièces détachées juste après la guerre, des 9N et 2N, fut assuré un temps à l'usine Ford de Poissy. Le Ford 8N américain, système Ferguson, équipé d'un Ford 4 cylindres de 1960 cm3 développant 24 ch, fut, lui aussi, importé en France et, dès 1948, on annonça même la fabrication prochaine en France d'une version Diesel à moteur Hercules. Ford assembla vraisemblablement quelques 8N dans son usine à Poissy, à la fin des années quarante, mais le procès intenté par Harry Ferguson à Ford mit rapidement fin à la carrière du
8N.
Le géant américain ne fabriqua plus jamais aucun trateur en France par la suite.

On retrouvera des Ford 9N, 2N et 8N équipés de moteurs français, Douge, CLM ou Cérès ou Richard Diesel, tout au long des années cinquante. Les gammes Ford furent ensuite régulièrement importées d'Angleterre et des Etats-Unis, en France. Depuis la fusion de Ford New Holland avec Fiatagri en 1995, la société a pris le nom de New Holland et distribue parallèlement des gammes de tracteurs identiques sous les deux couleurs, rouge foncé rappelant les Fiatagri, et bleu, les Ford.



   Un Fordson lors de la randonnée de Montreuillon




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