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Blog de l'Association des Vieilles Mécaniques Morvandelles (AVMM), regroupement de collectionneurs de matériel agricole ancien qui ont à coeur de faire revivre la mémoire de nos campagnes.
Société Bernard Moteurs S.A., 12, rue Médéric, Paris (17e). Fonderie à Saint-Satur
(Cher), chaudronnerie à Saint-Ouen (Seine-Sint-Denis), usines à Suresnes et à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).
En 1911, Auguste Bernard, ancien élève des Beaux-Arts, entre chez Albaret, spécialiste de la locomobile et du moteur à vapeur, pour lequel il dessine des moteurs à explosion qui
semblent désormais promis à un plus bel avenir que la vapeur. En 1914, il est affecté à Renault où il conçoit un bloc moteur intégrant un système de refroidissement par radiateur à ventilateur. Il
y restera jusqu'à l'armistice. Fort de ces expériences, Auguste Bernard fonde sa propre entreprise de moteurs industriels en 1919 et construit une usine de 1000 m2 à Suresnes. Son
premier moteur, le type D, est mis en production dès le fin de 1920 et le cap des 10 000 unités est franchi en 1925. Bernard-Moteur devient leader français du moteur industriel à essence, pétrole,
huile lourde et diesel. Largement utilisé par de nombreux constructeurs de tracteurs et autres machines agricoles, il se fait une enviable réputation. Bernard-Moteur rachète les moteurs CL (licence
Lavalette) construits par Conord et les moteurs Japy. Les moteurs évoluent, le M succède au D, puis arrivent les séries W, plus compacts, en 1928.
Fort de son succès dans les milieux agricoles, la firme Bernard décida de se lancer dans la construction d'un petit tracteur à chenilles équipé de ses moteurs. Le BT 2 de 4/6 ch
(BT pour Bernard-Tracteur et 2 pour le type du moteur, W2) sort dans les années trente. Il est très compact, 2,20 m de long pour 80 cm de large, et s'adresse avant tout aux maraîchers et
viticulteurs. Son moteur est monté juste au-dessus du barbotin qui se trouve à l'avant, une architecture originale qui rend le petit engin particulièrement stable. Bernard reprend la construction
de son BT 2 dès 1947 et le fait rapidement évoluer en BT 14, équipé du nouveau moteur W14 de 14 ch. On lui adjoint une version Diesel, le BTD 14. Environ 200 BT 14 sortiront de l'usine de Rueil au
cours de la première année de construction, alors que l'on estime à moins d'un millier le nombre de BT 2. Les enjambeurs et le petit tracteurs polyvalents eurent raison du BT au début des années
soixante.
En 1958, Bernard, alors plus renommée pour ses camions et ses engins industriels, étudia un tracteur polyvalent très ambitieux, pour les travaux publics et travaux agricoles,
l'Eléphant 4. Il devait recevoir un moteur 6 cylindres 150/165 ch ou un tout nouveau 8 cylindres de 200 ch. Un prototype, équipé d'un six cylindres à huile lourde de 12 litres de cylindrée et 145
ch pesant 8,45 tonnes, fut réalisé cette même année. Entre autres particularités, il n'avait pas de suspension mais une fixation à trois point au châssis avec essieu avant rigide et essieu arrière
à balancier. La direction se faisait par blocage des roues. Il ne fut pas fabriqué en série et ne connut pas de développement agricole, la marque rencontrant des difficultés financières qui
l'amenèrent à revoir sa politique diversification.
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