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    Cher visiteur, bienvenue sur le site de l'Association des Vieilles Mécaniques Morvandelles. Cette association rassemble près de cinquante adhérents, originaires essentiellement de la Nièvre et de la Saône-et-Loire. Nous sommes présents tout au long de l'été sur diverses manifestations rurales de la région pour faire revivre la mémoire de nos campagnes.

Nous possédons environ trois cents tracteurs d'avant 1960 et une multitude de matériels anciens (batteuses, javeleuses...). Nous sommes prêts à tout mettre en oeuvre pour que ces "ancêtres" ne tombent pas dans l'oubli de la modernisation en leur donnant une seconde vie.

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Massey-Ferguson

Siège avenue Blaise-Pascal, Beauvais (Oise). Usines à Marquette-lez-Lille (Nord) de 1958à 1984, à Beauvais (Oise) à partir de 1957 et à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) à partir de 1958.

    La société Massey-Ferguson succède à Ferguson (1953-1954) et Massey-Harris-Ferguson (1954-1958) en 1958. Alors que le Massey-Harris Pony 820, produit à Marquette-lez-Lille jusqu'en 1962, poursuit une glorieuse carrière commerciale, l'usine de Beauvais, dans l'Oise, construite en 1957 pour la fabrication de Ferguson, commence à produire le Massey-Ferguson 825, équipé d'un quatre cylindres de 1753 cm3 développant 25 ch à partir de la mi-1960. Il en sera fabriqué 15 287 unités jusqu'en 1963. Pendant ce temps le 835, dont la fabrication a commencé en 1959, culminera à 43 819 exemplaires. En 1962 apparaît le MF 42, équipé d'un moteur Perkins Diesel à trois cylindres de 2,5 l dont la fabrication est assurée à Beauvais. En 1966, Beauvais produit 30 00 tracteurs dont 11 500 (38%) sont destinés à l'exportation. On peut y ajouter 28 400 ponts arrières et boîtes de vitesses destinés aux autres usines Massey-Ferguson situés hors de nos frontières.

    La nouvelle génération 10 (122, 130, 133, 135, 140, 145, 148, 152, 158, 165, 168, 185 et 188) succède au 825 et 835 en 1972. Leur production culmine à 98 831 exemplaires jusqu'en 1976 avec en vedette le 158 (21 722 unités), le 188 (20 092 unités) et le plus prolifique de tous, le 140 (57 396 unités). Ajoutons-y le 1080 avec ses 7032 exemplaires construits entre 1970 et 1976. En 1975, Beauvais qui couvre alors 84 000 m2 et emploie 2 300 ouvriers, fabrique la moitié des tracteurs agricoles produits en France, alors que Marquette-lez-Lille qui couvre 104 000 m2 et emploie 3 000 personnes, construit pour sa part 65 % des moissonneuses produites en France.

    Les gammes 200 (250, 255, 260, 275, 285, 290) et 500 (560, 575, 590, 592) font leur apparition en 1976. Il en sera produit 59 777 unités jusqu'en 1983 dont 13 483 pour le seul 590 (4 cylindres, 75 ch) et 6 849 unités pour le 290. Les 168 (4 cylindres, 66ch) et 145 Mklll (3 cylindres, 45 ch) totalisent à eux deux, pour le même période, un peu plus de 2 000 unités et le 2680 atteint 2 952 unités en 1979 à 1984. Cette année 1984 verra la fermeture de l'usine de Marquette-lez-Lille et le repli sur le site de Beauvais, modernisé et agrandi, désormais seule unité de production de la marque en France.

    De 1982 à 1986, ce sont les nouveaux tracteurs de la série 100 (135, 145, 152, 154, 158 et 168) fabriqués à près de 8 000 exemplaires toutes versions confondues. Le plus produit de cette période est le 152 avec 1 685 unités. le 2720 est pour sa part construit à 2 537 unités entre 1982 et 1984. A partir de 1984, les séries 2000 (2625, 2640, 2645, 2685, 2725) atteignent 2 887 exemplaires entre 1984 et 1987, alors que les 600 - 699 et surtout 698 T - atteignent 5 975 unités sur la même période. A partir de 1986, ce sont les séries 3000 (3050, 3060, 3065, 3070, 3080 et 3090) qui prennent la relève, suivies des 3600 (3610, 3630, 3650 et 3680) en 1987. les Massey-Ferguson séries 3000 et 3600 de 1993 ont été conçus à Beauvais et y sont fabriqués pour le monde entier, comme leurs prédécesseurs. Un autre engin, plus original, le Visioporteur décliné en quatre versions, à deux ou quatre roues motrices, surtout destinés aux travaux publics et à l'équipement, est également fabriqué à Beauvais pour le monde entier. A cette époque, on estime à 600 000 le nombre de tracteurs sortis des usines de Beauvais. A partir de 1997, les gammes 6100 et 8100 sont fabriquées à Beauvais. Les 6190 (130 ch) et 8130 (155 ch) ont été présentées au SIMA, en février 1997.

    Massey-Ferguson appartient aujourd'hui à AGCO Corporation, une entité économique qui regroupe, outre Massey-Ferguson, les marques SGCO-Allis, Hesston, White, Gleaner, White New Idea, Agcostar, Black Machine, Tye, Farmhand, Glencoe, Western Combine, Ideal, PMI, Same et Landini (aux Etats-Unis), Deutz (en Argentine). L'usine de Beauvais exporte les deux tiers de sa production et fait de Massey-Ferguson le premier exportateur français de tracteurs agricoles. Aujourd'hui, avec une part de marché de 16 %, le groupe Massey-Ferguson est le premier producteur mondial de tracteurs depuis 31 ans.
Un Massey-Feguson 35 avec cabine

 

 

Article réalisé à partir de documents personnels
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LANZ
Histoire :
    Heinrich Lanz fait partie, en tant que précurseur, pionnier et promoteur des techniques agricoles en Europe, de la lignée des grands fondateurs industriels du XIXème siècle. L'entreprise fut fondée en 1859 avec 2 collaborateurs et appellée, d'après le nom du fondateur, "Firme Heinrich Lanz".
Vers 1900, environ 2000 employés fabriquent à Manheim toutes sortes d'engins agricoles, par exemple, des charrues à vapeur, des locomobiles, machines à vapeur avec d'énormes roues en acier, et, plus tard, les tracteurs et batteuses bien connus.
Sous la direction du fondateur, H. Lanz, l'usine de Mannheim de développa : de représentante en machines agricoles anglaises au début, elle devint en peu de temps l'usine de fabrication de machines agricoles la plus grande du continent européen.
Mais le fondateur de la firme ne connut pas la percée de la motorisation de l'agriculture. C'est le constructeur Fritz Huber qui l'effectua dès le début des années 20 avec le premier tracteur à huile lourde du monde : le Lanz-bulldog.
Conçu à l'origine comme simple moyen de traction pour les batteuses, le tracteur à boule chaude construit par Huber donnait soudain la possibilité d'équiper l'agriculture d'un engin autonome rentable : un tracteur que le petit paysan pouvait utiliser pour tous les travaux des champs.
Au milieu des années 30, la firme Lanz pouvait regarder l'avenir avec confiance. Elle était la plus importante usine de machines agricoles d'Allemagne et avait des perspectives d'expansion.
Environ la moitié des tracteurs immatriculés en Allemagne chaque année venait de Mannheim. Le Bulldog avec moteur à boule chaude avait été perfectionné en machine à tout faire. En Allemagne comme à l'étranger, il remportait un grand succès grâce à sa construction très résistante et à son fonctionnement économique.
Dès 1935, 50 000, puis 65 000 Lanz en 1936, quittaient l'usine.
A l'exportation, la part de Lanz dans les tracteurs atteint les 45% et en 1945, même les 62,5%.
Et puis la guerre est arrivée, à la fin de laquelle on découvrit l'étendue des destructions et de l'horreur. Lanz aussi dut payer son tribut.
Lorsqu'en 1945, la firme reçut de la puissance d'occupation américaine la droit de reprendre la fabrication, la situation était catastrophique. Cependant, la volonté de reconstruction, de renaissance était là.
Et l'impensable de produisit alors. Les quelques matériaux encore disponibles donnèrent les premiers Lanz, c'était un second début !
Jusqu'à la réforme monétaire de 1948, la production journalière a été de 4 tracteurs. Lorsqu'en 1956, alors que 200 000 lanz sortirent des chaînes de Mannheim, l'ère du diesel avait déjà commencé depuis 4 ans pour "le vétéran du travail agricole mécanisé".
La concurrence de moteurs de puissance supérieure et de moindre consommation de carburant fut fatale au moteur à boule chaude. De plus, la conccurence internationale se renforça d'année en année sur le marché allemand.
La tendance aux fusions approchait. Au printemps 1956, ce fut un remue-ménage à Mannheim. Au début, ce ne furent que des bruits, puis une certitude. La plus grande entreprise de machines agricoles du monde, l'américaine Deere et Compagny Moline, acquérait la majorité des parts de la société Lanz. C'était la premier pas important vers un avenir en commun.

Aujourd'hui, le nom Lanz n'est plus que le souvenir d'un grand passé. Mais le Lanz-Bulldog n'est pas tombé dans l'oubli grâce aux amateurs et collectionneurs d'Allemagne et d'Europe qui se sont rassemblés en clubs.
Ce qui les unit depuis de nombreuse années, c'est leur amour pour Lanz, Leur admiration pour le moteur à boule chaude et surtout la joie de partagercela avec des gens comme eux.

Historique traduit de l'allemand par Mme Cabarat, professeur au lycée de Clamecy, que nous remercions, d'après le livre Typenkompass Lanz Bulldog 1921 - 1960
de Peter Schneider aux éditions Motor buch Verlag.



Les boule-chaude

Dès le début des années 20, la société de construction de matériel agricole LANZ de Manheim (Allemagne) commence la fabrication de tracteurs équipés de moteur semi-diesel à boule chaude, avec le gros avantage d’avoir la possibilité de brûler pratiquement toutes sortes de carburants, notamment les huiles lourdes très peu coûteuses. L’apogée de la Firme se situe au début des années 50, avec la fabrication de puissants tracteurs très bien adaptés à l’entraînement des grosses batteuses de l’époque. Malheureusement, le début des années 60 verra la fin de ces formidables machines, après la reprise de la marque par le géant américain JOHN DEERE.



Explication "Boule chaude" et photo tirés du site http://www.tract-old-engines.com/old_lanz.htm
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SFV

La Société Française de matériel agricole et industriel Vierzon

Historique

    Tout commence avec Célestin Gérard en 1848. Né vingt-sept ans plus tôt dans une famille de cultivateurs des Vosges à Monthureux-le-Sec, il montre son habilité en réparant le moulin de son employeur et en fabriquant une machine à battre pour la donner en cadeau à son père.
    Un voisin, devenu ensuite régisseur du domaine de Tracy, dans le sud du Loire-et-Cher, lui commande une machine similaire.
    Célestin Gérard vient la fabriquer sur place puis, quitte définitivement ses montagnes natales pour s'installer dans le vierzonnais, carrefour de voies fluviales et terrestres.
    Il loue une petite boutique et travaille pour les paysans et les porcelainiers. Il fabrique entre -temps des coupe-racines, des tarares et d'autres instruments d'intérieur de ferme. Puis, viennent deux commandes de batteuses. Leur fonctionnement est parfait, ce qui fait germer en lui une idée de génie: pourquoi pas aller faire la démonstration de son invention de ferme en ferme et par la même occasion, sa promotion. il devient donc le premier entrepreneur de battage.
    Au fil des ans, son tempérament de travailleur, son sens de l'organisation du travail, ajoutés à sa compétence vont le conduire au niveau de ceux que l'on appelle déjà des "capitaines d'industrie".
    Il reçoit alors récompences sur récompenses : en 1853, médaille de bronze au comice agricole de Vierzon, en 1854, médaille d'or et un prix de 600 francs à Bourges, en trente année de labeur, il reçoit quatre-vingt-cinq médailles d'argent, deux cent vingt médailles d'or, huit grandes médailles et diplômes d'honneur et un objet d'art offert par Napoléon III qui va même jusqu'à lui épingler lui-même la croix de chavalier de la Légion d'honneur sur la poitrine.
    En 1861, il décide de fabriquer des locomobiles à vapeur conjointement à la des batteuses, du coup, trente ans après son installation à Vierzon, on peut déjà compter 1 600 locomobiles et 2 600 batteuses déjà sorties des usines.
    A cinquante-huit ans, il pense à passer le flambeau à des talents nouveaux, plus jeunes. Il rencontre un groupe de personnalités que son aventure intéresse.
    Le 19 février 1879, il cède par un acte sous seing privé passé à Paris, l'ensemble de son usine à une pléiade d'hommes d'affaires entraînés par Lucien Arbel, sénateur de la Loire, un industriel qui avait débuté chauffeur de train sur les lignes du PLM.
     C'est alors que naît la Société française de matériel agricole, le 28 mars 1879, au capital de 2 500 000 francs.
    Le premier conseil d'administration était composé de Lucien Arbel, constructeur, sénateur, président, Auguste Barthe, maître de forges, constructeur, Louis Gallicher, ingénieur, ancien député, Célestin Gérard, constructeur, fondateur de l'usine de Vierzon, Jacques Palotte, ingénieur, sénateur, Petrus Richarme, maître de verreries, député, et M. Monteil, directeur.
    Célestin Gérard quitte sa maison de la rue de la Gare, achetée en 1873, et se retire au château de Faix, acquis en 1872, avec 170 hectares de terres environnantes.
    Il continue de participer, sur le plan financier, en qualité de membre du conseil. Puis, en 1885, il s'éteint à l'âge de soixante-quatre ans, épuisé par l'activité qu'il n'avait cessé de développer.

La Société Française de matériel agricole et industriel Vierzon fabriqua jusqu'en 1930 des machines à vapeur telles que la locomotive routière ou les locomobiles d'une puissance allant de 5 à 35 chavaux.



                                    Photo prise sur le site http://www.chez.com/sfv/

Les tracteurs à huile lourde

    En 1930, la SFV, comme presques toutes les entreprises de l'époque, connait des difficultés financières. La mécanisation des campagnes étant presque terminée, elle voit l'avènement d'un nouveau type de machine: les tracteurs. Le conccurent Lanz a déjà construit en série près de 25 000 tracteurs qui commencent à faire leur apparition sur le sol français.
    La demande en baisse de machines à vapeur obligea donc les dirigeants de la SFV à se tourner vers cette nouvelle technologie : restait donc à convaincre le conseil d'administration de la nécessité de définir le nouveau produit pour éviter la cessation d'activité. Restait à choisir le type de moteur qui l'équiperait.
    Sur ce point, une considération considérable influença, semble-t-il, les décideurs : l'immense empire colonial attendait autant, sinon plus que la métropole, une machine polyvalente, fonctionnant avec des carburants divers et bon marché, robuste et aussi simple à réparer qu'à entretenir.
    Les années 1931 et 1932 furent les plus sombres années de SFV avec l'abaissement de la durée de travail hebomadaire à vingt-six heures, la baisse des salaires et les licenciements. Tout reposait sur un homme de grande valeur intellectuelle et morale : Pierre Chavalier qui assura la direction de la société de 1924 à 1944.
    Début 1933, le premier prototype de tracteur de la SFV fait ses premiers tours de roue et débute les premiers essais d'avaluation. Le choix s'est porté sur un monocylindre semi-diesel 2 temps à injection à faible densité.
   
    S'ensuivent donc les premiers tracteurs à huile lourde de la SFV : avec la première série de tracteurs :

    le H1 avec ses 10 320 cm3 est fabriqué en 1430 exemplaires à Vierzon de 1933 à 1942, les premiers sont appellés "nez pointu" (210 exemplaires) puis, à la fin 1938, la marque SFV est coulée dans la fonte de la boîte à eau supérieure et la calandre est arrondie d'où le nom de "nez rond"  (et pas Néron, lol)
    le H2 (5 350 cm3) plus petit pour répondre aux demandes des exploitations agricoles est fabriqué à Vierzon de 1933 à 1942 en 929 exemplaires. Lui aussi sera fabriqué en "nez pointu" au début puis en "nez rond".
    le mythique HO (12 760 cm3 ) fabriqué à Vierzon de 1936 à 1941 à seulement 72 exemplaires fait de lui une légende.

Cette première série de tracteurs ont tous reçu la couleur grise accompagnée du rouge pour les jantes. Ils ont été fabriqués sous les séries 1 à 27


Puis, il y a les tracteurs que l'on peut appeller d'entre-série ou de transition
    Le HV1 et le HV2 qui reprennent les cylindrées des H1 et H2 mais leur boîte à 5 vitesses (V en chiffres romains) leur donnent ces noms qui auraient dû être codés en H1-5V et H2-5V.
    Le HV1 (10320 cm3) est fabriqué à Vierzon en 710 exemplaires de 1940 à 1946. Il gardera toujours sa couleur grise.
    Le HV2 (5 350 cm3) est fabriqué à Vierzon de 1940 à 1950. La première génération (1940-1944), à teinte grise, compte 200 tracteurs, des séries 28, 29, 30 et 33. La deuxième génération (1947-1950) a, à son effectif, 1 600 tracteurs avec la nouvelle couleur "vert wagon".
    Le FV1(10 320 cm 3), précurseur de la nouvelle gamme, reçoit la couleur vert wagon est fabriqué en 210 exemplaires à Vierzon en 1946 et 1947, puis il est fait à l'arsenal de Roanne (42) à  5 094 exemplaires de 1947 à 1950. Il est l'un des premiers à reçevoir le prestigieux logo reprenant les remparts de la ville de Vierzon.
    Le 401 (10 320 cm3) de série 1 n'est autre que le FV1 qui a subit le changement logique de la nouvelle gamme : l'appellation à trois chiffres. Des changements sont toutefois observés comme l'usinage du piston et le nouveau volant à trois branches en Bakélite. Les 401 de série 2 sont peints en vert clair et sont montés avec le nouveau régulateur dit "à deux régimes".
Les 401 ont tous été fabriqués à Bagnères-de-Bigorre (65) à environ 2 000 exemplaires.




















La nouvelle gamme

Tous les tracteurs de la nouvelle gamme ont reçu la couleur vert clair et sont toujours monocylindres, semi-diesels.
    Le 302 (5 350 cm3) est le plus vendu et le plus célèbre des SFV. C'est le remplaçant du HV2. Sa cylindrée et sa maniabilité lui permet de conquérir les exploitations agricoles moyennes ainsi que les vignerons et les entrepreneur de débardage de bois. Il est fabriqué à Vierzon mais devant la pénurie de poutres, le Creusot (71) fournira quelques centaines de poutres de 302 à la SFV. Il subira pendant sa carrière de 1950 à 1957 toutes les améliorations conçues par la SFV qui ira jusqu'à monter sur les tracteurs à partir de 1956 un démarreur 12 V et un câble permettant la manoeuvre à distance du robinet de carburant à trois voies.
    Le 402 (10 320 cm3) est fabriqué de 1952 à 1957 à Bagnères-de-Bigorre (65) mais son prix et son équipement font de lui un tracteur peu compétitif pour l'époque.
    Le 551(12 760 cm3) répond à la demande des entrepreneurs de battage ayant besoin de plus de puissance que le 401 dont la puissance n'est pas suffisante pour tirer une moissonneuse batteuse avec une coupe de 2,10 m. Il est fabriqué à Lunéville (54) dans l'usine Lorraine-Dietrich de 1951 (coïncidence des chiffres ?) à 1957 entre 800 et 1000 exemplaires.
    Le 552 (12 760 cm3) est un des plus gros monocylindres construits. C'est l'ultime "Société".  Le 552 est, avec son ancêtre lointain, le HO, une légende. Construits à Luneville (54) du milieu 1957 à début 1958, les 82 exemplaires sortis font, de nos jours, de lui un des tracteurs les plus cotés de la SFV.


                                       


Passons ensuite aux petits tracteurs qui ont tous reçus un démarreur électrique.
    Le 201 (
3 200 cm3) dit "Le Populaire" est le premier tracteur fabriqué par la SFV pour répondre aux besoins des petites exploitations agricoles. Il est proposé en trois versions : le 201N (normal), le 201E (vigneron) et le 201L (voie large). Il est fabriqué à Vierzon de 1953 à 1958.
    Le Super 202 (3 200 cm3), amélioration du 201 inaugure la nouvelle carrosserie non plus en tôle mais en fibres de verre, il garde la partie mécanique du 201 à laquelle y ont été rajoutées quelques améliorations comme les cadrans de contrôle sur le tableau de bord. Il est fabriqué à Vierzon de 1958 à 1960.
    Le 203, sorti en 1958 des usines de Vierzon, est proposé en trois versions : le 203S (1290 cm3) monté avec un moteur Peugeot essence, le 203D et
le 203DV vigneron (1 280 cm3) montés avec un moteur Diesel Normag 2T. C'est le premier SFV qui n'est pas monocylindre, précurseur de la reconversion en moteurs bi-cylindres.
   Le Super 204 (3 200 cm3 ) est le dernier vrai SFV, monocylindre, toujours fabriqué à Vierzon. Sorti en 1960 alors que Case est déjà actionnaire prioritaire, il sera peint en vert clair jusqu'en 1964 où les derniers modèles seront peints aux couleurs de Case : ora
nge et beige.
    Le CGM 141 (765 cm3) est une sorte de "bâtard", en effet, ce tracteur est fabriqué en 1955 par la Compagnie Générale de Mécanique à Soissons et est diffusé par le réseau SFV pour répondre aux demandes des exploitations familiales.





















On passe ensuite aux "Bi-cylindres" spéciaux.
    Le 303 (3 846 cm3) est fabriqué de 1958 à 1959 à Vierzon, il est proposé en deux versions  : 303 et 303E (vigneron). Il sera apprécié des agriculteurs par son adhérence mais vite abandonné à cause des problèmes mécaniques liés à un mauvais graissage : ruptures de vilebrequins, usure prématurée des cylindrées.

    Le 403 (6 160 cm3) construit Vierzon en 1958-1959 sera remplacé dès 1959 par le 403D, du même type mais avec le moteur modifié pour éviter tous les ennuis inimaginables que le 403 avait subit comme des ruptures de vilebrequins au niveau des manetons de bielle, des grippages de pistons dus à un mauvais graissage et à un refroidissement insuffisant. les derniers modèles reçoivent les couleurs de Case en 1964, date à laquelle la SFV disparaît définitivement.

Généalogie des tracteurs SFV à boule chaude (exclu les 203,303, 403 et CGM 141)

Année de construction
Cylindrée 12760 cm3
Cylindrée 10340 cm3
Cylindrée 5350 cm3
Cylindrée 3200 cm3
Quantités fabriquées
1933
-
H1 Vierzon
-
-
02
1934
-
H1
-
-
33
1935
-
H1
H2 Vierzon
-
75
1936
HO Vierzon
H1
H2
-
124
1937
HO
H1
H2
-
191
1938
HO
H1
H2
-
297
1939
HO
H1
H2
-
391
1940
HO
H1
H2
-
353
1941
HO
H1
H2
-
433
1942
-
HV 1 Vierzon
HV 2 Vierzon
-
405
1943
-
HV 1
HV 2
-
116
1944
-
HV 1
HV 2
-
09
1945
-
HV 1
HV 2
-
146
1946
-
HV 1
HV 2
-
235
1947
-
FV 1 Roanne
HV 2
-
835
1946
-
FV 1
HV 2
-
1915
1949
-
FV 1
HV 2
-
2452
1950
-
FV 1
HV 2
-
2242
1951
551 Lunéville
401 Bagnière de Bigorre
302 Vierzon et le Creusot
-
2702
1952
551
401
302
-
3119
1953
551
402 Bagnière de Bigorre
302
201 Vierzon
1491
1954
551
402
302
201
3287
1955
551
402
302
201
4760
1956
551
402
302
201
4685
1957
551
402
302
201
4082
1958
552 Lunéville
402
302
S 202 Vierzon
3602
1959
552
-
-
S 202
1442
1960
552
-
-
S 204 Vierzon
1753
Total
de
la
production
S F V
41177 unités

Les moissonneuses-batteuses

Jusqu'en 1950, la SFV propose des batteuses. Devant l'arrivée massive des moissonneuses-batteuses automotrices venues d'Amérique, la SFV décide de s'orienter dans cette voie, alors se pose un cruel dilem : comment créer des moissonneuses-batteuses  automotrices sans mettre  en danger les grosses cylindrées comme le 402 fabriquées par la SFV, le problème est vite résolu, les moissonneuses-batteuses seront tractées et non pas automotrices comme celles de nos jours.
Un seul type sortira des usines : la MBT 210.
    En 1952, la SFV se résout à se convertir aux moissonneuses-batteuses, elle sort la MBA 52 équipée d'un moteur Berliet MK02 à essence ; 4 cylindres, 60 CV à 2 000 tr/min.
    En 1953, la MBA 2 fait son apparition. Elle est dépourvue du moteur Berliet, jugé trop lourd, mais équipée du moteur Ford V8 de 61 CV.
    En 1955, la MBA 5 est présentée à l'occasion de la démonstration internationale de Caen-Carpiquet. La largeur de coupe passe enfin à 3,20 m et le fond de sa plate-forme est blindé
, malheureusement, seuls quatre ou cinq exemplaires de ce type auraient été
 fabriqués.




Le 10 septembre 1958, la SFMAI devient la SFCMAI (Société Française Case de Matériel Agricole et Industriel) qui passera son capital à écouler les stocks de tracteurs restants, à réparer les 403 en 403D et à fabriquer les copies du Super 202 : les Super 204.

L'aventure prend fin...

La Société Française de matériel agricoles et industriel Vierzon a joué un rôle important sur le plan de la mécanisation de nos campagnes.
De nos jours, la spéculation et la légende des ses tracteurs a fait monter les prix de façon spectaculaires. Alors qu'il y a trente ans, les gens les mettaient à la ferraille même en état de marche mais devenus obsolètes, aujourd'hui, les épaves de Vierzon sont très recherchées pour pièces ou carrément pour les faire revivre.





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