Les origines de la Société Française et l'histoire de son développement sont liées aux origines et aux perfectionnements des matériels de battage en France.
C'est, en effet, en 1847, qu'un ouvrier menuisier, compagnon du Tour de France, M. Célestin Gérard, s'arrêta dans les environs de Vierzon. Il fabriqua d'abord, à la demande
de gros propriétaires, des tarares et des batteuses à bras. Son industrie prospérant, il vint se fixer à Vierzon, où il éleva un petit atelier qui n'allait pas tarder, avec l'invention de la
batteuse, à s'agrandir pour devenir la cellule mère des vastes usines d'aujourd'hui.
En 1866, M. Célestin Gérard construisit la première batteuse mobile de France.
En 1879, M. Lucien Arbel, industriel et sénateur de la Loire, conçut le projet de donner tout son développement à cette invention et de doter l'Agriculture de France d'une
industrie qui la rendrait indépendante des fournisseurs étrangers.
Dans ce but, il constitua la
Société Française de Matériel agricole et industriel de Vierzon, pour l'acquisition des ateliers agrandis de M. Célestin Gérard.
En 1881, la Société se complétait par l'achat des ateliers de MM. Del et Ferdinand.
Les débuts de la
Société Française furent rudes, surtout aux années de mauvaises récoltes. Les perfectionnements sans cesse apportés à la batteuse et à la
locomobile triomphèrent de toutes les difficultés. Avec le succès croissant, les ateliers installés dans de vieilles bâtisses désafectées, s'ajoutèrent les uns aux autres, puis s'agrandirent
et s'outillèrent. En ces vingt dernières années; ils furent tous complètement reconstruits d'après les plans d'une organisation toute moderne et dotés de l'outillage la plus perfectionné.
La Société Française occupe aujourd'hui 100.000 mètres carrés, dont 55.000 couverts.
Les usines occupent près de mille ouvriers. Elles produisent elles-mêmes leur force motrice. Elles comprennent des ateliers de fonderie de fer, de fonderie de bronze, de
chaudronnerie de forge, de modelage, de tours et machines-outils, d'ajustage, de menuiserie, de charronage, de montage, de peinture, etc...
La Société Française est spécialisée dans la fabrication :
_ Des machines à vapeur,
fixes et
demi-fixes; des
locomobiles à flamme direct et retour de flamme, à détente fixe, à détente variable par le régulateur, à
distribution de vapeur par soupapes commandées; des
locomotives routières;
_ Des
batteuses : machines à battre des céréales, de tous types et de tous systèmes, à broyer et à hacher la paille, élévateurs de paille, machines à battre les petites graines :
trèfle, luzerne, minette, etc...
_ Des
presses à haute densité pour la paille et le fourrage;
_ Des
scieries transportables;
_ Des
moteurs thermiques, à essence, benzol, pétrole, gaz de ville, gaz pauvre, de 50 à 150 CV;
_ Des
gazogènes à anthracite et à charbon de bois;
_ D'un
gazogène spécial breveté, à déchets de bois, pour moteurs à vitesse lente;
_ D'un
gazogène transportable à bois et à charbon de bois mélangés pour moteurs à grande vitesse, s'adaptant sur tous les tracteurs et camions.
Depuis sa création, la Société Française a sorti, tant pour la métropole et ses colonies aue pour l'étranger, environ 30.000 batteuses et 20.000 locomobiles. C'est dire
son importance dans l'industrie française. Ajoutons qu'elle a obtenue dans les divers concours plus de 30 grands prix, 20 diplômes d'honneur, 300 médailles d'or, 150 médailles d'argent, 40
médailles de bronze.

Article réalisé d'après le mensuel Le Moniteur de la Marechalerie du charronnage et de la Mecanique Rurale, numéro spécial du Salon de la
Machine agricole, édition du 8 janvier 1928.
Commentaires